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bio

Raphaële de Gorostarzu, née en 1974 d’un autre nom moins joli, a suivi avec intérêt ses études à l’École nationale des Arts décoratifs de Paris, pour devenir une graphiste locale sans éclat ni artifice mais fort honnête et rude travailleuse.

Parallèlement identifiée sous le nom de Rocanosse, pour des raisons obscures puisque ce pseudonyme n’est pas des plus mélodieux, son temps laissé libre est dévolu à la pratique pointilliste d’une création écrite, peinte et photographiée.

Ses peintures font montre d’une expressivité qui tendrait à faire croire à une vie tragique, rouée de sombres expériences – œuvres imprégnées de pathos à l’instar des envolées exaltées d’un certain courant romantique. Foin de tragédie : Rocanosse est confiée aux auspices bienveillants du temps. Mais particulièrement attachée à la gente animale et à une image de l’humanité doucement empathique que des siècles d’histoire commune ont cruellement bafouées à coups d’édifiantes barbaries, Rocanosse, vrillée au niveau de l’estomac par une sorte d’effarement, relate alors de questionnements bien communs ; sur le propre et l’impropre de l’homme, notre place sur un globe approprié sans réserve par nos cupidités jusqu’à l’implosion du-dit globe.

Pendant léger de ces sombres dessins, les photographies réalisées de-ci de-là, souvent en collaboration avec son mari et son chien, muses désinvoltes, apportent à sa démarche une ironie salutaire saluant poliment le désespoir.

Persévérante et engagée, la carrière de Rocanosse ne peut toutefois justifier d’une longue litanie de succès. La liste des échecs serait a contrario fâcheusement fastidieuse à déclamer mais pourrait faire état avantageux des illusions dont ses jours se nourrissent.

 

Gisèle Petitmouton (printemps 2011)